Aérien : le Maroc change d’échelle et consolide sa diversification
Le ciel marocain entame 2026 sur une note particulièrement soutenue. Selon les dernières données publiées par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), le trafic passagers a franchi en janvier le seuil inédit de 3,1 millions de voyageurs. Un record pour un mois traditionnellement marqué par la saisonnalité, et une progression globale de 14,7 % en glissement annuel.
Cette performance confirme que le secteur aérien national ne se limite plus à un simple rattrapage post-crise. Il s’inscrit désormais dans une dynamique structurelle, portée par une stratégie assumée de diversification des marchés et de renforcement de la connectivité internationale.
Une croissance portée par l’international et le domestique
La hausse du trafic repose sur un double moteur. Le segment international progresse de 14,9 %, confirmant son rôle central dans l’écosystème aérien marocain. Dans le même temps, le trafic domestique affiche une augmentation de 13,1 %, signe que l’avion s’impose progressivement comme un moyen de transport inter-villes privilégié.
Cette évolution traduit l’effet des politiques de désenclavement régional et l’amélioration de l’offre sur les liaisons intérieures, qui soutiennent à la fois la mobilité professionnelle et le tourisme local.
Europe solide, Amériques en forte expansion
L’analyse géographique met en évidence une transformation progressive des flux. L’Europe demeure le principal partenaire du Royaume, avec une croissance de 13,2 %. Le continent reste le socle historique du trafic marocain, notamment grâce aux liens économiques, touristiques et diasporiques.
Toutefois, la progression la plus spectaculaire provient du continent américain. Le trafic cumulé avec l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud bondit de 30,7 %. Cette dynamique reflète l’ouverture de nouvelles lignes long-courriers et le renforcement des fréquences vers les États-Unis, le Canada et le Brésil. Le hub de Casablanca s’affirme ainsi comme une plateforme transatlantique stratégique.
L’Afrique au cœur du modèle de hub
La vocation africaine du Maroc se consolide également. Les échanges aériens avec le reste du continent progressent de 28,9 %, illustrant l’intensification des flux économiques Sud-Sud.
La compagnie nationale Royal Air Maroc joue un rôle déterminant dans cette dynamique, en connectant les capitales ouest-africaines à l’Europe et aux Amériques via Casablanca. Ce modèle « hub and spoke » permet d’optimiser les correspondances et de capter un trafic international diversifié.
Moyen-Orient, Asie et Maghreb en progression
Les liaisons avec le Moyen et l’Extrême-Orient affichent une croissance de 15,9 %, soutenues par le tourisme d’affaires, les voyages religieux et les partenariats avec des compagnies du Golfe.
Le trafic avec les pays du Maghreb progresse quant à lui de 13,7 %, traduisant une reprise des échanges régionaux et une meilleure fluidité des déplacements.
Le fret confirme la dynamique
Au-delà des passagers, l’activité cargo évolue également dans le vert. Le fret aérien enregistre une hausse de 7,4 % en janvier. Moins spectaculaire que celle du trafic voyageurs, cette progression demeure significative. Elle témoigne de la vitalité des exportations à forte valeur ajoutée et du positionnement du Maroc dans les chaînes logistiques internationales.
Une infrastructure face aux défis futurs
Ce début d’année record intervient dans un contexte de préparation aux grandes échéances sportives et économiques, notamment la Coupe du Monde de la FIFA 2030. La capacité du pays à absorber des flux croissants tout en diversifiant ses marchés constitue un signal positif.
En consolidant ses connexions vers l’Afrique, l’Europe et les Amériques, le Maroc confirme son ambition de devenir un carrefour aérien majeur entre les continents. Le cap franchi en janvier 2026 apparaît ainsi comme un indicateur fort d’un secteur entré dans une nouvelle phase de maturité et d’expansion maîtrisée.
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