Crise agricole majeure dans le Gharb après des inondations dévastatrices
La vaste plaine du Gharb, l’une des régions agricoles les plus productives du Maroc, traverse actuellement une période particulièrement critique. Des inondations d’une ampleur exceptionnelle ont frappé plusieurs localités, notamment les zones situées autour de Ksar El Kebir, provoquant des dégâts considérables dans les exploitations agricoles et bouleversant l’activité économique locale.
À l’origine de cette situation, une combinaison de précipitations intenses et prolongées et de mesures de gestion hydrique devenues indispensables. Le débordement des oueds Sebou et Ouargha, accentué par un lâcher préventif partiel des eaux du barrage Al Wahda, a entraîné la submersion de vastes superficies agricoles. Si cette opération technique visait à réduire les risques en amont, ses répercussions se font durement sentir en aval, où champs et vergers se retrouvent aujourd’hui sous plusieurs centimètres d’eau.
Cette catastrophe intervient au moment même où les agriculteurs espéraient une saison particulièrement favorable. Les conditions climatiques des derniers mois laissaient présager des récoltes abondantes. Ces perspectives se sont brutalement évanouies face à la montée rapide des eaux, qui a détruit une grande partie des cultures en place. Les terres autrefois fertiles ressemblent désormais à des étendues inondées, impropres à toute activité agricole immédiate.
Au-delà des pertes végétales, la situation des éleveurs apparaît comme l’un des aspects les plus préoccupants de cette crise. Dans de nombreux douars du Gharb, mais aussi dans les provinces voisines de Sidi Kacem et Sidi Slimane, le bétail se retrouve directement menacé. Les pâturages ont disparu sous les flots, privant les troupeaux de leur principale source d’alimentation. Pour des centaines de familles vivant essentiellement de l’élevage, cette situation représente un véritable drame.
Les conséquences sociales s’annoncent lourdes. Pour beaucoup d’exploitants, le cheptel constitue l’unique capital et la seule garantie de revenus. La perte d’animaux ou l’impossibilité de les nourrir met en péril l’équilibre économique de foyers déjà fragilisés. Sur le terrain, l’inquiétude grandit à mesure que les jours passent et que l’accès aux zones sinistrées reste difficile.
À ce stade, l’ampleur exacte des dégâts demeure difficile à mesurer. Les autorités n’ont pas encore publié d’évaluation officielle, la priorité restant concentrée sur la gestion de l’urgence et la protection des populations. Les eaux n’ayant pas totalement reculé, il reste impossible d’établir un bilan précis des cultures détruites et du nombre d’animaux touchés.
Face à cette incertitude, les agriculteurs appellent avant tout à une aide immédiate. Leur demande principale concerne l’approvisionnement en fourrage pour maintenir en vie le bétail survivant. Selon eux, l’urgence actuelle n’est pas encore celle des indemnisations, mais bien celle de la survie quotidienne. Sans un soutien rapide, de nombreuses exploitations risquent de perdre l’intégralité de leurs troupeaux.
Les organisations professionnelles du secteur agricole adoptent, de leur côté, une position prudente. Elles estiment qu’il est encore prématuré de se prononcer sur d’éventuels mécanismes de compensation. Tant que la situation hydrologique ne sera pas stabilisée, aucune expertise fiable ne pourra être réalisée.
Plusieurs responsables rappellent que toute évaluation sérieuse nécessite un retour à la normale et un accès sécurisé aux exploitations. Dans l’immédiat, la priorité reste la gestion du danger et l’accompagnement des familles touchées. Les dispositifs de dédommagement ne pourront être envisagés qu’une fois la phase d’urgence totalement achevée.
Malgré ces difficultés, les représentants des éleveurs expriment une certaine confiance dans la capacité des pouvoirs publics à intervenir. Ils espèrent que des mesures de soutien similaires à celles mises en place lors de précédentes catastrophes naturelles seront rapidement activées. L’expérience des crises passées nourrit l’attente d’une solidarité nationale en faveur du monde rural.
Cependant, l’isolement de nombreuses localités complique fortement les opérations de secours. Plusieurs axes routiers demeurent impraticables, rendant difficile l’acheminement de l’aide vers les douars les plus touchés. Cette réalité logistique freine les initiatives de soutien et accentue le sentiment d’abandon ressenti par une partie des habitants.
En attendant une amélioration des conditions météorologiques et la décrue progressive des oueds, les agriculteurs du Gharb vivent dans l’angoisse du lendemain. La région, pilier essentiel de l’agriculture nationale, se retrouve confrontée à l’un des épisodes les plus difficiles de son histoire récente.
Cette crise rappelle avec force la vulnérabilité du secteur agricole face aux aléas climatiques et souligne la nécessité de renforcer les dispositifs de prévention et de gestion des risques. Les semaines à venir seront déterminantes pour mesurer l’ampleur réelle des pertes et amorcer le long processus de reconstruction.
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