L’hydrogène vert : le Maroc prêt à devenir un acteur mondial

Jeudi 19 Février 2026 - 14:00
L’hydrogène vert : le Maroc prêt à devenir un acteur mondial
Zoom

Le Maroc se positionne aujourd’hui comme un acteur prometteur sur la scène mondiale de l’hydrogène vert. À l’aube d’une transformation énergétique majeure, le royaume vise non seulement à satisfaire ses besoins intérieurs, mais également à devenir un exportateur de référence dans ce secteur. Selon les experts, la réussite de cette ambition repose sur plusieurs étapes : le lancement de projets pilotes, le renforcement des infrastructures portuaires et l’augmentation progressive de la capacité de production nationale.

Les projections économiques sont optimistes. D’après la Banque mondiale, les exportations d’hydrogène vert marocain pourraient atteindre entre 0,3 et 0,65 million de tonnes dès 2030, pour croître jusqu’à 3,4 à 9,5 millions de tonnes en 2050. Sur le plan local, l’hydrogène vert servira à alimenter les secteurs du transport et de l’industrie chimique, participant ainsi à la transition énergétique du pays.

Les ports jouent un rôle stratégique dans cette dynamique. Tanger Med, Jorf Lasfar, Mohammedia et un futur port près de Tan-Tan sont identifiés comme des hubs essentiels pour la production, le stockage et l’exportation. Tanger Med, situé au détroit de Gibraltar, bénéficie d’un emplacement stratégique pour répondre à la demande maritime internationale. Jorf Lasfar, déjà impliqué dans l’industrie sidérurgique et la production d’engrais avec le Groupe OCP, pourrait intégrer l’ammoniac vert dans ses procédés industriels pour réduire son empreinte carbone.

Les atouts naturels du Maroc renforcent ce potentiel. Sa position géographique, à la croisée de l’Europe et de l’Afrique, ainsi que ses ressources abondantes en énergie solaire et éolienne, offrent un avantage compétitif unique. Mohammedia possède des cavités salines idéales pour le stockage à grande échelle, tandis que Tan-Tan pourrait devenir un site de production à faible coût grâce à ses conditions climatiques exceptionnelles.

Le développement de l’hydrogène vert représente également un levier économique. Il pourrait créer des emplois, augmenter les revenus publics et améliorer l’accès à l’électricité et à l’eau potable, en utilisant l’énergie excédentaire produite localement. Selon certaines estimations, les navires visitant les ports marocains pourraient nécessiter jusqu’à 2,83 millions de tonnes d’hydrogène équivalent d’ici 2050, convertis en méthanol ou ammoniac vert pour le soutage.

Enfin, le coût de production compétitif du Maroc pourrait lui permettre de répondre à la demande européenne croissante, notamment dans le cadre du programme REPowerEU. L’industrie nationale, en particulier le Groupe OCP, prévoit de produire jusqu’à trois millions de tonnes d’ammoniac vert d’ici 2032, contribuant à la fabrication d’engrais décarbonés. L’hydrogène vert apparaît donc comme un moteur de croissance économique, de transition énergétique et de compétitivité industrielle pour le royaume, consolidant sa place comme hub régional et mondial de l’énergie propre.



Lire la suite