Macron fustige un « nouvel impérialisme » et appelle à refonder le multilatéralisme

Jeudi 08 Janvier 2026 - 21:45
Macron fustige un « nouvel impérialisme » et appelle à refonder le multilatéralisme
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Dans un contexte international marqué par le retour des rapports de force et la fragilisation des règles communes, Emmanuel Macron a livré un discours particulièrement offensif lors de sa traditionnelle allocution devant les ambassadeurs français. Le président de la République y a dénoncé ce qu’il qualifie de « nouveau colonialisme » et de « nouvel impérialisme », visant notamment l’évolution récente de la politique étrangère américaine.

Sans citer directement Donald Trump, Emmanuel Macron a pointé une puissance qui, selon lui, « se détourne progressivement de certains de ses alliés » et s’affranchit des normes internationales qu’elle avait pourtant longtemps défendues. Une dérive préoccupante, estime le chef de l’État, dans un monde où les grandes puissances sont tentées de se partager les zones d’influence au détriment du droit international et de la coopération.

Face à cette recomposition brutale de l’ordre mondial, le président français a réaffirmé la ligne diplomatique qu’il défend depuis plusieurs années : celle d’un « multilatéralisme efficace ». Refusant à la fois la domination imposée par les grandes puissances et toute forme de résignation, Emmanuel Macron a mis en garde contre la « vassalisation » autant que contre le « défaitisme » des États qui renonceraient à peser sur la scène internationale.

Le chef de l’État a également évoqué plusieurs exemples illustrant cette montée des tensions : l’activisme américain en Amérique latine, certaines revendications territoriales assumées par Washington, mais aussi l’« agressivité commerciale » de la Chine et le rôle de la Russie, qualifiée de « puissance de déstabilisation », notamment en Ukraine. Si les critiques ont été réparties, ce sont néanmoins celles visant les États-Unis qui ont marqué les esprits par leur fermeté inhabituelle.

Pour Emmanuel Macron, la diplomatie française ne peut se contenter d’un rôle d’observateur. Il a appelé ses ambassadeurs à sortir d’une posture de commentaire pour entrer dans une logique d’action, affirmant que la France devait rester force de proposition dans un monde « qui se dérègle ».

Cette prise de parole intervient alors que la France assure la présidence du G7. Le président entend faire de ce cadre un espace de dialogue visant à corriger les « déséquilibres mondiaux », sans tomber dans une logique de blocs. Il a ainsi averti que le G7 ne devait pas devenir un instrument d’opposition systématique aux BRICS, regroupant plusieurs grandes puissances émergentes.

Au contraire, Emmanuel Macron souhaite utiliser le sommet prévu en juin à Évian comme une opportunité pour relancer, avec les pays émergents, le chantier longtemps repoussé de la réforme de la gouvernance mondiale et des Nations unies. Un objectif ambitieux, à l’image de sa volonté de repositionner la France et l’Europe comme acteurs centraux d’un ordre international plus coopératif et équilibré.



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