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Maduro joue la carte du dialogue malgré les menaces américaines
Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, a adopté une posture mesurée jeudi face aux déclarations de son homologue américain Donald Trump, qui a affirmé en début de semaine qu’une opération américaine aurait visé des installations portuaires vénézuéliennes. Sans confirmer ni infirmer ces propos, le chef de l’État vénézuélien a néanmoins laissé entendre qu’un échange diplomatique avec États-Unis restait envisageable à court terme.
Cette prise de parole intervient dans un contexte de tensions accrues entre Caracas et Washington. Les autorités américaines ont renforcé leur pression sur le Venezuela en durcissant les sanctions pétrolières et en intensifiant leur présence militaire dans la région des Caraïbes. Plusieurs cargaisons de pétrole vénézuélien auraient été interceptées ces dernières semaines, accentuant les difficultés économiques d’un pays déjà fragilisé.
Donald Trump a évoqué publiquement la destruction d’une zone de mise à quai qu’il accuse d’avoir été utilisée par des réseaux de narcotrafic. Une telle opération, si elle était avérée, constituerait un précédent majeur, marquant une intervention directe sur le territoire vénézuélien. Interrogé à ce sujet lors d’un entretien diffusé sur la télévision publique, Nicolas Maduro a éludé la question, se contentant d’affirmer que la défense nationale garantissait la souveraineté du pays et la sécurité de la population.
Tout en se montrant prudent sur le plan sécuritaire, le président vénézuélien a insisté sur sa volonté de dialogue. Il a rappelé que son gouvernement restait disposé à négocier avec Washington sur des dossiers sensibles, notamment la lutte contre le narcotrafic et les investissements énergétiques. Caracas se dit notamment ouverte à une coopération avec des entreprises américaines dans le secteur pétrolier, citant les précédents accords conclus avec le groupe Chevron.
La question migratoire a également été remise sur la table. Nicolas Maduro a affirmé qu’un accord bilatéral sur le retour de migrants vénézuéliens avait fonctionné avant d’être suspendu, selon lui, par les autorités américaines. Il estime qu’un retour à la diplomatie permettrait de relancer ce type de mécanismes, dans un climat moins conflictuel.
En parallèle, les autorités vénézuéliennes ont annoncé la libération de plusieurs dizaines de personnes détenues après l’élection présidentielle de 2024, un scrutin vivement contesté par l’opposition. Si ce geste est présenté par le pouvoir comme un signe d’apaisement, des organisations internationales, dont les Nations Unies, continuent d’alerter sur la persistance de la répression politique et sur le nombre élevé de détenus d’opinion dans le pays.
La réélection de Nicolas Maduro pour un nouveau mandat n’a pas été reconnue par les États-Unis et une partie de la communauté internationale, alimentant un climat de défiance durable. Dans ce contexte, Caracas semble chercher un équilibre entre fermeté politique et ouverture tactique, laissant planer l’hypothèse de négociations sans renoncer à son discours de souveraineté.