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Nord du Maroc : alerte sur le pillage illégal du sable

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Nord du Maroc : alerte sur le pillage illégal du sable
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Un nouveau signal d’alarme vient d’être lancé dans le nord du Maroc. La Fédération Marocaine du Travail (FMT), via son Syndicat des Propriétaires et Chauffeurs de Petits et Grands Camions de la région Tanger-Tétouan, a adressé deux courriers officiels, le 25 août, au wali de Tanger-Tétouan et au gouverneur de Tanger-Asilah. Dans ces lettres au ton ferme, l’organisation dénonce l’extraction illégale et massive de sable dans la zone sensible de la Forêt Diplomatique, mettant en garde contre de graves conséquences économiques et environnementales.

Des transporteurs en concurrence déloyale

Selon le syndicat, des réseaux organisés — communément appelés « mafia du sable » — exploitent clandestinement la ressource en toute impunité. Le sable ainsi détourné alimente une économie parallèle extrêmement lucrative, au détriment des transporteurs opérant dans la légalité et de l’État, privé de recettes fiscales importantes. « Nos membres subissent une concurrence déloyale intenable », souligne la FMT.

Un patrimoine naturel défiguré

La Forêt Diplomatique, située entre Tanger et Asilah, est décrite comme l’épicentre de ce trafic. Jadis considérée comme un espace de biodiversité et de loisirs pour la population locale, elle est aujourd’hui menacée. Les excavations sauvages fragilisent les sols, accélèrent l’érosion des plages et détruisent faune et flore. Les habitants craignent désormais glissements de terrain et inondations, conséquence directe du pillage.

Un crime économique

Au-delà de l’impact environnemental, le phénomène représente aussi un véritable crime économique. Les millions générés par le marché noir contrastent avec les pertes pour les transporteurs légaux. La FMT s’interroge sur « le silence » des autorités locales : comment expliquer que d’énormes camions chargés de sable volé circulent librement sans interception ?

Appel à des sanctions exemplaires

Le syndicat réclame des mesures fermes : confiscation des engins utilisés, sanctions judiciaires exemplaires, y compris des peines de prison, et renforcement des contrôles dans les zones sensibles. Il plaide également pour le développement d’alternatives comme le sable artificiel, déjà adopté par plusieurs pays pour préserver leurs ressources naturelles.

Une question de volonté politique

Cette affaire met en lumière une faille majeure dans le dispositif de surveillance des ressources naturelles. Elle soulève également la question de la volonté politique de mettre fin à un fléau qui mine l’économie nationale et détruit l’environnement.
« Le silence n’est plus une option », avertissent les syndicats et défenseurs de l’environnement. La Forêt Diplomatique, affirment-ils, appartient à la nation et aux générations futures, et non aux trafiquants et à leurs complices.



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