Tchad : arrestation d’une cellule djihadiste dirigée par le fils de Mohammed Yusuf
Un coup porté au réseau djihadiste actif dans la région du lac Tchad : les autorités tchadiennes ont arrêté six hommes soupçonnés d’appartenir à une cellule terroriste, parmi lesquels figurerait Muslim Mohammed Yusuf, le plus jeune fils du fondateur de Boko Haram. L’information a été confirmée par une source sécuritaire nigériane et un ancien membre du groupe armé, bien qu’elle n’ait pas encore été officiellement validée par la police tchadienne.
Âgé d’environ 18 ans, Muslim Mohammed Yusuf aurait utilisé le pseudonyme Abdrahman Mahamat Abdoulaye pour opérer dans la région. Selon les services de renseignement nigérians, il était à la tête d’une cellule affiliée à l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), la faction dissidente de Boko Haram. Son frère aîné, Abu Musab al-Barnawi, est considéré comme l’un des dirigeants de cette branche qui a prêté allégeance à l’organisation État islamique.
Les autorités tchadiennes confirment avoir interpellé six individus « il y a plusieurs mois », présentés comme des « brigands », mais sans fournir davantage de détails sur leur identité. Un porte-parole de la police a reconnu qu’ils n’avaient pas de papiers et qu’ils étaient soupçonnés d’appartenir à Boko Haram, sans toutefois confirmer que l’un d’eux était le fils du fondateur.
Des photographies examinées par l’AFP montrent un jeune homme mince, vêtu d’un survêtement bleu, dont les traits rappellent ceux de Mohammed Yusuf, le fondateur de Boko Haram tué en 2009 lors d’une vaste opération militaire au Nigeria, qui avait causé près de 800 morts.
L’arrestation de Muslim Mohammed Yusuf, si elle est confirmée, constituerait un symbole fort. Boko Haram, apparu en 2009 dans le nord-est du Nigeria, a étendu ses activités meurtrières au Niger, au Cameroun et au Tchad. En 2016, le mouvement s’est scindé en deux : la faction historique, restée fidèle à ses méthodes de terreur, et Iswap, qui s’est structurée en s’appuyant sur l’appui de l’organisation État islamique.
Les services nigérians de renseignement et de contre-terrorisme n’ont pas réagi officiellement pour l’instant. Mais cette arrestation illustre les fragilités internes d’un mouvement djihadiste fragmenté, tout en soulignant la coopération régionale pour contenir une menace toujours vivace autour du bassin du lac Tchad.
-
19:00
-
15:30
-
09:10
-
22:00
-
18:31
-
14:30
-
13:44
-
11:44
-
07:30