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Justice : six mois de prison ferme contre Noureddine Mediane pour diffamation
La justice a tranché dans une affaire au retentissement politique marqué. Le tribunal de première instance de Targuist a condamné Noureddine Mediane, ancien président du groupe istiqlalien de l’unité et de l’égalitarisme à la Chambre des représentants, à six mois d’emprisonnement ferme pour des faits de diffamation visant une responsable de son propre parti.
Outre la peine privative de liberté, la juridiction a prononcé une amende de 3 000 dirhams et ordonné le versement de dommages et intérêts au profit des parties civiles. M. Mediane devra ainsi s’acquitter de 150 000 dirhams au bénéfice de Rafia El Mansouri, ainsi que de 30 000 dirhams en faveur de Meriem Ouazzani, nièce de la plaignante, également citée dans l’enregistrement à l’origine des poursuites.
Des propos jugés diffamatoires et injurieux
Dans sa motivation, le tribunal a retenu des faits qualifiés de « propos injurieux et diffamatoires visant une femme en raison de son sexe », assortis de menaces et de la diffusion volontaire d’allégations mensongères portant atteinte à l’honneur et à la considération des personnes concernées. Les éléments du dossier s’appuient notamment sur un enregistrement audio diffusé en mars de l’année dernière, dans lequel l’ancien parlementaire tenait des propos jugés attentatoires à la dignité de Mme El Mansouri et de son entourage familial.
Le jugement est intervenu après la mise en délibéré de l’affaire, à l’issue d’une audience tenue la semaine précédente. Selon des sources concordantes, la décision aurait surpris l’intéressé et son équipe de défense, qui espéraient une issue plus favorable. Un appel demeure toutefois possible, et pourrait être introduit dans les délais légaux.
Une affaire aux répercussions politiques
Avant la judiciarisation du dossier, plusieurs tentatives de médiation avaient été engagées au sein du parti de l’Istiqlal afin d’éviter l’escalade judiciaire d’un conflit devenu politiquement sensible. Ces démarches n’ont toutefois pas abouti, laissant la justice se prononcer sur un dossier qui a largement alimenté les débats internes.
Au-delà de la sanction pénale, cette affaire a mis en lumière des tensions profondes au sein de la formation politique historique. Elle a révélé des fractures entre différentes sensibilités et posé la question de la gestion des différends internes, ainsi que du respect des règles éthiques entre responsables partisans. À l’approche des échéances électorales de 2026, ce jugement pourrait avoir des répercussions durables sur l’image et la cohésion du parti.