Marrakech : Cheikha Trax condamnée à huit mois de prison ferme
La justice marocaine a rendu son verdict dans l'affaire impliquant la chanteuse populaire Fatima Zahra Laazizi, connue sous le nom de scène de « Cheikha Trax ». Le tribunal de première instance de Marrakech l'a condamnée, mercredi 4 novembre 2026, à huit mois de prison ferme. Sa belle-sœur, également poursuivie dans ce dossier, a écopé de la même peine. Les deux prévenues devront par ailleurs indemniser les parties civiles à hauteur de 120 000 dirhams chacune.
Un enregistrement audio au cœur de l'affaire
À l'origine de cette procédure judiciaire, un enregistrement sonore attribué à la chanteuse et diffusé au début du mois d'octobre. Sa circulation a provoqué de vives réactions parmi les habitants du quartier Sidi Youssef Ben Ali, à Marrakech, qui ont estimé que les propos tenus portaient atteinte à leur dignité.
Des habitants ont alors décidé de saisir la justice, considérant que le contenu de cet enregistrement était susceptible de constituer une atteinte à leur réputation et une incitation à la discrimination et à la haine. L'association « Zéro Tafa8a » s'est également constituée partie civile dans cette affaire afin de faire valoir les intérêts des personnes concernées.
Une procédure judiciaire engagée en octobre
Le dossier a pris une dimension judiciaire le 13 octobre 2026, lorsque le parquet près le tribunal de première instance de Marrakech a ordonné la poursuite de Fatima Zahra Laazizi en état de détention.
La chanteuse a ensuite été incarcérée à la prison locale de l'Oudaya. Les poursuites engagées à son encontre portent notamment sur des faits présumés d'incitation à la discrimination et à la haine entre les personnes par voie électronique, ainsi que sur des accusations de menaces et de violences.
Sa belle-sœur, épouse de son frère, a également été placée en détention et poursuivie dans le cadre de la même affaire.
Une audience de plusieurs heures avant le verdict
Après plusieurs audiences et reports, notamment pour permettre aux avocats de préparer leur défense et aux parties civiles de présenter les éléments numériques versés au dossier, la juridiction a finalement rendu sa décision dans la soirée du mercredi 4 novembre.
L'audience finale, qui s'est prolongée pendant près de quatre heures, a abouti à une condamnation de huit mois de prison ferme pour chacune des deux prévenues. Le tribunal a également fixé à 120 000 dirhams par personne le montant des dommages-intérêts à verser aux parties civiles.
Cette décision marque une nouvelle étape judiciaire dans un dossier qui a suscité de nombreuses réactions à Marrakech. Elle remet également en lumière les enjeux liés à la diffusion de contenus audio sur les plateformes numériques et aux responsabilités qui peuvent découler de propos considérés comme portant atteinte aux droits et à la dignité d'autrui.
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